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Poèmes de Gérard BRECQ

Tous les oiseaux de Loire



Tous les oiseaux de Loire ont mené grand tapage
En ce matin diffus traînant son front brumeux ;
Tous les oiseaux de Loire à l’envol fastueux
Au grand livre du temps semblaient tourner la page.

Sur le sable mouillé, ils ont posé l’étoile,
Sur le roseau tremblant leur aile a caressé.
Quiconque s’approchait se sentait repoussé,
Tous les oiseaux de Loire éployaient leur grand voile.

Sur la nacre du flot, sur l’océan brun des grèves,
Hors du tumulte vain, brassant leur liberté
Tous les oiseaux de Loire ont embrassé l’été
En cadençant d’amour la splendeur de nos rêves.

Le soir, ils revenaient en longue débandade
Hautains sur le ciel pâle et s’en allaient cherchant
Des lambeaux de soleil saignant dans le couchant
Et des nids embués dans la secrète rade.

Ils passaient lentement, ourlant le diaphane,
L’air où le soir module au vent de la fraîcheur.
Je les accompagnais au rythme de mon cœur
Tant le divin dansait sur la rive profane.

Tous les oiseaux de Loire allaient de connivence
Au-delà des maisons, des regards ébahis,
Ils emportaient si loin l’âme des bas-pays
Que la lune glissait dans des draps de silence.

 

Gérard Brecq
Extrait de Cantilène à la Loire - 110 poèmes chantant le fleuve royal - Ed. Cheminements

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